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Sylvain
Gouteron & Daniel Szpiro J.E.L. : E31, E44, E52 Mots clés : liquidité, prix
d'actifs, monnaie, immobilier, équation quantitative Keywords :
liquidity, asset price, money, real estate, quantitative relation Résumé : La fin de la bulle internet sur
le marché des actions, et plus récemment le dynamisme prolongé des prix du
logement dans la plupart des pays industrialisés ont fait ressurgir des
interrogations quant au rôle de la politique monétaire. Alors que
traditionnellement la maîtrise de la masse monétaire visait à éviter la
résurgence de l’inflation, dans le contexte actuel de stabilité des prix, la
problématique s’est déplacée vers la surveillance des prix d’actifs.
Plusieurs facteurs sont invoqués pour avancer un effet de la liquidité sur ce
type de prix : la relation quantitative de la monnaie généralisée aux
transactions sur actifs, le « crédit facile » qui encouragerait les
achats et pèserait sur les prix, ou encore les anticipations engendrées par
la politique monétaire actuelle, notamment telle que retracée par les faibles
taux d’intérêt. L’objet de cette étude est d’examiner dans quelle mesure ces
théories sont pertinentes, et si l’on détecte, en pratique, un effet de
l’excès de liquidité sur l’évolution du prix des actions ou de l’immobilier
dans la zone Euro, aux USA, au Royaume-Uni et au Japon depuis le début des
années 1980. Dans un premier temps, il est
montré que la liquidité, qui est par définition un instrument global de
pouvoir d’achat, ne pèse pas pour autant de façon généralisée sur les prix
d’actifs. Au contraire, le mouvement propre à chaque prix d’actif est plus
important que le mouvement général de l’ensemble des prix d’actifs. Une analyse économétrique du
lien entre prix des actifs et excès de liquidité doit prendre en compte
l’éventualité d’une rétroaction des prix d’actifs sur la monnaie, si bien que
des modèles d’interactions réciproques (VAR ou VECM) ont été estimés sur les quatre zones géographiques de
cette étude. Les effets de l’excès de liquidité sur le prix des actions n’ont
jamais pu être clairement mis en évidence. Le constat est plus nuancé sur les
prix de l’immobilier, notamment concernant le Royaume-Uni. Cependant, même
quand un effet a pu être décelé, son ampleur s’est avérée limitée. Enfin, les données disponibles
pour la France permettent d’approfondir la notion de relation quantitative de
la monnaie étendue aux actifs et d’en mesurer la pertinence. Il s’avère que
l’ajout des transactions sur l’immobilier ou sur les titres aux transactions
sur biens et services ne permet pas de stabiliser la vitesse de circulation
de la monnaie, ce qui ne valide pas l’hypothèse d’une transmission de la
politique monétaire aux prix d’actifs via la traditionnelle idée
quantitative. Au total, les preuves d’un effet
de l’excès de liquidité sur le prix des actifs sont ténues. S’il se trouve
des bulles spéculatives dans le prix des actions ou de l’immobilier,
celles-ci n’ont pas attendu l’aide de la politique monétaire pour se former. |
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Abstract: Money and Asset Prices The recent rise in excess of liquidity in the United States and in the
Euro zone is a matter of concern for monetary authorities; however, it did
not lead to an upsurge of inflation.
Liquidity, rather than heading towards the market of consumer goods,
could have moved towards the asset markets.
The liquidity in excess would have thus contributed to the progression
of stock prices or the dynamism of real estate market. The present study examines this thesis, after having defined the
concept of excess liquidity. First,
the importance of a global trend in the prices of assets is measured. Then, vector models of interaction between
asset prices, economic activity and liquidity excesses are estimated. Lastly, the quantity theory of money is
extended to allow for transactions on assets.
This study covers the period going from 1980 to 2004 and relates to
the United States, the Euro zone, the United Kingdom and Japan. The main results are as follows: - There is no common trend in
the price of assets; this is not supportive of a global effect of
liquidity; - Vector models cannot explain the movements of price of assets by the
evolution of excesses of liquidity; - In France, the extension of the quantitative equation of money to
transactions on assets does not stabilize the money velocity in English : ª text + Appendices (31p) |
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